Né le 4 avril 1933 à Amsterdam (Pays-Bas), Frederic Bolkestein dit Frits Bolkestein, a déclenché avec la désormais célèbre directive européenne des services une levée de boucliers de nombreux syndicats dans toute l'Europe en 2005.



Frits Bolkestein se forme à l'Université d'Amsterdam en mathématique et physique mais aussi en grec et en philosophie. Cette formation atypique le conduira au groupe pétrolier Shell en 1960. Créé en 1890, Shell est un géant pétrolier anglo-hollandaise. Au sein de ce groupe, il multipliera les missions à l'étranger telles qu'en Afrique de l'Est, au Honduras, au Salvador, à Londres mais aussi en Indonésie ou à Paris.

De 1964 à 1965, Frits Bolkestein obtient sa maîtrise de droit à l'Université de Leyde, aux Pays-Bas, tout en conservant ses fonctions au sein de la Shell. Il est fréquent pour les cadres de continuer à se former jusqu'à obtenir de nouveaux diplômes durant leur carrière.

1973 marque un tournant dans la carrière de Frits Bolkestein à la Shell. Il devient directeur de Shell Chimie à Paris. Mais en 1976, il décide de quitter son poste pour commencer sa nouvelle carrière, sa carrière politique.

En 1978, il devient député du VVD (parti libérale, Parti populaire pour la liberté et la démocratie). Fonction qu'il exercera également de 1986 à 1988 et de 1989 à 1999.

En 1982, il devient Ministre du commerce extérieur des Pays-Bas. Président de la Commission Atlantique de 1986 à 1988, il retrouve un siège ministériel en 1988 en tant que Ministre de la Défense. De 1990 à 1998, Frits Bolkenstein sera président du groupe parlementaire de son parti, le VVD. Le VVD ou Volkspartij voor Vrijheid en Democratie pour Parti populaire libéral et démocrate, fut créé après guerre, en 1948. De 1996 à 1999, il est président de l’Internationale Libérale, poste qu'il abandonnera pour devenir membre de la Commission Européenne.

Du 16 novembre 1999 au 21 novembre 2004, Frits Bolkestein est membre de la Commission Européenne en charge du marché intérieur, de la fiscalité et de l'Union douanière.

Peu avant la fin de son mandat, Frits Bolkestein rédige un projet de directive européenne reposant sur une plus grande libéralisation du travail en Europe. Il a déclaré à son propos : "Cette Directive pourrait bien être l’impulsion la plus forte donnée au marché intérieur depuis sa création en 1993. Nous devons libérer nos entreprises de services, de façon à ce qu’elles puissent se développer et créer les emplois durables dont l’Europe a besoin. Certaines des restrictions nationales sont archaïques, pesantes et en contradiction avec la législation de l’UE. Elles doivent purement et simplement disparaître."

Très largement décrié par les syndicats mais aussi la plupart des gouvernements, ce projet de Directive est mis sous les feux de la rampe avec le référendum en faveur du Traité Constitutionnel. Le projet de directive sera radicalement modifié après l'échec des tenants du Oui à la Constitution Européenne en France. La directive Bolkenstein aurait eu pour effet d'accroître la concurrence entre les différentes entreprises de chaque pays européen. De plus en plus, l'Europe prend une place essentielle lors des élections nationales.