Cet homme discret a été projeté sur le devant de la scène au début de l'année 2009 suite à sa nomination à la tête du nouvel ensemble formé par la fusion de la Caisse d'Epargne et des Banques Populaires. Reconnu pour ses compétences en matière de restructurations économiques, François Pérol est désormais l'un des dirigeants les plus puissants de France.



Né le 6 novembre au Creusot, en Bourgogne, François Pérol n'était pas destiné à devenir président de grands groupes. Au sein d'une grande famille, son père, était pneumologue à l'Hôtel Dieu du Creusot. Les autres membres de la fratrie ont suivi la voie médicale. François Pérol privilégie le commerce et le management. Il intégrera successivement HEC, puis l'Institut des Etudes Politiques de Paris avant de faire ses armes à l'Ecole Nationale de l'Administration, ENA. Sorti major de la Promotion Jean Monnet, il côtoiera notamment Martin Hirsch, ancien président d'Emmaüs France. François Pérol devient naturellement à la sortie de l'ENA Inspecteur des Finances.

Ses compétences le font grimper rapidement les échelons au sein des cabinets ministériels. Rapporteur du Comité Interministériel de Restructuration Industrielle, Ciri, en 1994, il sera ensuite nommé secrétaire général adjoint. Le Ciri est notamment chargé d'organiser les restructurations industrielles. Créé en 1980, il aide les sociétés en difficultés financières à se restructurer en profondeur pour amortir les chocs économiques. De 1996 à 1999, François Pérol devient chef du bureau des marchés financiers à la direction du Trésor.

En 2002, François Pérol est nommé Directeur adjoint du cabinet de Francis Mer, alors Ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, sous l'impulsion de Xavier Musca, alors directeur de cabinet. Nicolas Sarkozy renouvellera le cabinet à son arrivée. Il travaillera sur de nombreux dossiers tel que le sauvetage d'Alcatel -en mauvaise posture sous la présidence de Serge Tchuruk-, la constitution de Sanofi Aventis -la constitution de ce nouveau groupe en 2004 marque un tournant dans l'industrie pharmaceutique française-, le départ de Michel Bon de France Telecom -et sa stratégie coûteuse dans le secteur des nouvelles technologies-, ou encore la recapitalisation d'Alstom.

De 2005 à 2007, François Pérol retournera dans le secteur privé en devenant associé gérant de la banque Rothschild & Cie, avant d'être appelé par le Président de la République, Nicolas Sarkozy, en tant que secrétaire général adjoint de la Présidence de la République. Il travaillera sur de nombreux dossiers et tentera de mettre en œuvre la politique économique de Nicolas Sarkozy. Son nom apparaît notamment sur la réorganisation d'EADS, la fusion Suez - GDF, ou encore la recomposition du capital d'Areva.

Choisi pour ses compétences, François Pérol est nommé le 26 février 2009 à la tête du nouvel ensemble créé par la fusion des Caisses d'Epargne et des Banques Populaires. Sa prise de fonction le 2 mars 2009 n'interrompra pas les rumeurs de favoritisme et de pantouflage. En effet, François Pérol a travaillé sur la fusion des deux groupes alors qu'il était dans le secteur public.

Le 14 juillet 2010, François Pérol a reçu la distinction de Chevalier de la légion d'Honneur.