Issu d'une longue famille d'industriels, François Michelin a dirigé le groupe du même nom connu pour ses pneumatiques pendant plus de 40 ans.



Né le 15 juin 1926 à Clermont Ferrand, François Michelin est le digne descendant d'une lignée qu'il a fait perdurer. Fils d'Etienne Michelin et d'Edouard Michelin. Ce dernier a fondé avec André Michelin, le groupe Michelin au XIXème siècle.

François Michelin s'oriente vers la science et obtient une licence de mathématiques à la faculté de Sciences de Paris. Un diplôme prestigieux pour l'époque. Mais diriger un groupe de renom se mérite. Quelque soit le diplôme, chaque membre de la famille doit faire ses classes dans la famille Michelin, et François Michelin n'échappe pas à la règle.

En 1951, François Michelin intègre le groupe familial et pendant 4 ans, il exercera divers métiers. Il travaillera ainsi à la chaîne, en 3 x 8, au même titre que les autres ouvriers du groupe. Il alternera les postes, comme ouvrier à l'atelier poids lourds ou dans la confection de pneus, le commerce ou la recherche. François Michelin se doit de connaître tous les métiers de la société. Sa connaissance de chaque niveau de responsabilités lui permettra d'asseoir sa légitimité au sein de Michelin.

Mais être le "fils de" a du bon. Dès le 28 mai 1955, François Michelin prend la place de co-gérant des Etablissements Michelin avec Robert Puiseux, puis unique gérant en 1959. La société Michelin a une forme de société en commandite, ce qui permet à la gérance de contrôler l'entreprise, sans même détenir la majorité du capital. Lors de son arrivée à la tête du groupe, François Michelin bénéficiera de l'invention quelques années plus tôt par les ingénieurs de Michelin. Le pneu Radial fera le succès de Michelin durant plusieurs décennies.

Mais la position actuelle du groupe doit aussi beaucoup à François Michelin. Ce dernier a multiplié les prises de risques qui ont failli couler le groupe mais l'ont finalement renforcé.

En 1974, François Michelin cédera les actions qu'il détient dans le groupe Citroën à Peugeot pour se recentrer sur son activité de base, le pneumatique. Michelin, principal fournisseur de Citroën, était en effet venu à l'aide du groupe automobile pour le sauver d'une faillite inévitable. En 1982, Michelin reprend les activités de Kleber, un spécialiste des pneumatiques. Huit ans plus tard, le groupe accélère son développement aux Etats-Unis en acquérant Uniroyal Goodrich.  Mais le groupe a du mal à rebondir à cause d'un très fort endettement. Michelin gagne en chiffre d'affaires, mais son endettement devient un handicap.

François Michelin n'a pas diminué les aprioris, positifs ou négatifs, que les actionnaires ont vis à vis de Michelin. On parle souvent de pingrerie, de paternalisme, de communication financière limitée ou encore de cohésion sociale quand on parle de Michelin.

Edouard michelin, son fils, deviendra le gérant du groupe en 1999, après avoir été désigné dauphin dès 1991, à la suite de François Michelin. Toutefois en 2006, Edouard Michelin décède lors d'un accident de bateau. Le groupe sera alors confié à Michel Rollier.

François Michelin s'est vu décerner le titre de Chevalier de la légion d'honneur en 2009.