Alain Weill est un spécialiste des médias, reconnu de tous, même si ses méthodes ne sont pas parmi les plus appréciées de la profession.



Né le 6 avril 1961 à Strasbourg, Alain Weill est le fruit d'un père chirurgien et d'une mère médecin. Il ne se tourne toutefois pas vers le domaine médical mais dans le commerce. Il se forme notamment au sein de l'Institut Supérieur des Affaires, du groupe HEC.

Alain Weill participera au développement de la radio libre dès 1982, en intégrant une radio libre parisienne, Radio Cocktail. Sa passion pour l'entrepreneuriat se fait également rapidement ressentir. Il crée sa société de conseil en audiovisuel, WRMC, en 1984. Suite à une candidature spontanée, il est recruté par la toute jeune radio NRJ en 1985 pour développer le réseau. Il en sera directeur de 1985 et 1989 et aidera grandement NRJ à se développer. C'est Jean-Paul Baudecroux -fondateur de NRJ- qui le repère à l'époque. Tout au long de sa carrière, cet homme l'aidera à franchir les échelons.

Alain Weill se teste à d'autres métiers en franchissant la porte de Sodexho. Il y sera directeur général de la chaîne Ok ! Poivrier. Mais les médias se rappellent vite à son souvenir. Une nouvelle fois par Jean-Paul Baudecroux. Il se rapproche ainsi de RTL dès 1990, avant de prendre les rênes en 1992 de la radio Maxximum qui deviendra M 40.

Il grimpe les échelons au sein du groupe NRJ. Administrateur et directeur général en 1992, il devient président directeur général de NRJ Régie dès 1995. Il est nommé officiellement n°2 du groupe NRJ et bras droit de Jean-Paul Baudecroux en 1997, où il devient vice-président du directoire.

Alain Weill se fait alors connaître des milieux financiers ou ses qualités de gestionnaire sont réputées. En 1998, il prendra la tête du SIRRP, Syndicat Indépendant des Régies de Radios privées.

Mais l'année 2000 change radicalement sa carrière. Alors que l'on pouvait s'attendre à le voir prendre la tête du groupe NRJ dans les années à venir, Alain Weill quitte la société et son mentor, Jean-Paul Baudrecroux. Il n'a pas choisi réellement ce départ. En 2000, le groupe NRJ est intéressé par le rachat de la radio RMC. Cette dernière est en déconfiture, avec une audience qui chute mais avec une image de marque toujours forte. NRJ se propose donc d'acquérir la radio. Mais une réglementation interdit à l'époque à un seul groupe de détenir plus de 150 millions d'auditeurs cumulés potentiels. Toutes les mesures sont étudiées. La vente de Rires & Chansons est ainsi envisagée. Mais rien n'y fait. NRJ ne peut acquérir RMC

De nouveaux acquéreurs sont alors recherchés. Un fond d'investissement se dit très intéressé, le fond Alpha. Mais ce dernier souhaite un manager. Alpha demande à Alain Weill. Ce dernier hésite entre une carrière toute tracée dans un groupe installée ou développer sa propre radio. Il finira par choisir cette deuxième option. Alpha détient alors 65% des 83,3% détenus par Pierre Fabre, et Alain Weill 35%. La principauté de Monaco conservera le solde. Les actionnaires de NRJ n'apprécient pas ce départ et le cours du titre NRJ chute brutalement le jour même.

Alain Weill modifie radicalement la thématique de la radio. RMC abandonne la radio généraliste et devient spécialisée sur l'information, le débat et le sport. Quelques années plus tard, le pari est gagné. RMC s'affiche en forte croissance et l'audience est au rendez-vous. Homme de coups spectaculaires, il obtiendra ainsi les droits de rediffusion exclusifs lors des coupes du monde de football et de rugby. Chaque match sera alors commenté sur la radio. Certains supporters n'hésitent pas à regarder leur télévision mais à couper le son et à écouter les commentaires des animateurs sur RMC.

Sa réussite au sein de RMC lui donne une réputation de repreneur d'entreprises. Il acquiert ainsi la radio BFM alors en liquidation judiciaire en 2002 et licencie une très grande partie du personnel en recentrant l'activité sur l'économie. Le 28 novembre 2005, il déclinera cette radio en chaîne de télévision BFM TV, diffusée sur la TNT. Depuis lors, BFM TV est devenue la première chaîne d'information en continu, par l'audience.

Alain Weill se fait une nouvelle fois remarquer en rachetant un groupe en méforme, le groupe Tests. Ce dernier détient des marques telles que 01 Informatique, Micro Hebdo, et le site 01net.com Mais son rachat de La Tribune en 2008 se solde par un échec. Il revendra sa participation en 2010.

Combien Alain Weill gagne t-il par an ?