Ecart d'acquisition

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Figurant à l'actif des entreprises, les écarts d'acquisition peuvent se chiffrer en milliards d'euros, sans toutefois être pleinement compris par les actionnaires. L'écart d'acquisition naît lors d'opérations de croissance externe. Ainsi, lors du rachat d'une entreprise par une autre, la valeur versée aux actionnaires par l'entreprise initiatrice de l'offre est le plus souvent supérieure à la valeur comptable de l'entreprise. En effet, la valeur comptable d'une entreprise est souvent déconnectée de sa valeur réelle. Prenons le cas simple d'une marque. Développée au fil des années, voire des décennies, elle n'apparaît toutefois pas dans le bilan de l'entreprise. Sa valeur est pourtant évidente. Il en est de même pour une place de leader sur un marché. La place de leader a une valeur immatérielle qui n'est nullement reprise dans le bilan comptable. Cette position de leader influencera certainement le prix de rachat. Tous ces exemples et bien d'autres encore expliquent que la valeur de rachat peut être fort différente de la valeur comptable.

Cette différence entre la valeur comptable et la valeur d'acquisition est dite écart de première consolidation, et non écart d'acquisition. L'écart de première acquisition se décompose en deux éléments distincts :

- l'écart d'évaluation
Dans le cas d'une marque forte, la différence de valeur est clairement affectée et identifiée. Cela provient de la marque. Tous les éléments identifiables viennent donc s'ajouter à l'écart d'évaluation. Si la valeur réelle d'une usine est bien supérieure à sa valeur comptable, cette différence se retrouve ainsi dans l'écart de réévaluation. Ce dernier se calcule donc en soustrayant de la valeur des actifs réévalués de l'entreprise, sa valeur comptable;

- l'écart d'acquisition
L'écart d'acquisition correspond lui à la différence. Tout ce qui n'est pas affectable d'un point de vue comptable. Il s'agit des avantages que procure la prise de contrôle de l'entreprise : disparition d'un concurrent, acquisition d'un savoir faire technologique, etc. Tous ces éléments totalement immatériels ont une valeur mais difficilement calculable. Prenons le cas d'une société qui rachète son principal concurrent. Ainsi, il prend une position telle sur le marché qu'il pourra accroître ses tarifs et imposer sa vision du marché à ses autres concurrents. Une stratégique d'acquisition qui a clairement un intérêt mais qui est difficilement quantifiable.

Puisqu'une acquisition n'est pas une charge, il conviendra qu'elle soit amortie, et notamment les écarts d'acquisition. Ces écarts peuvent être amortis sur plusieurs années par les entreprises, et ainsi limiter les conséquences fiscales d'une prise de contrôle, c'est ce qui est appelé amortissement des écarts d'acquisition. Avec les nouvelles normes comptables IAS IFRS, les écarts d'acquisition sont vérifiés chaque année, et s'ils ne correspondent plus à une réalité (forte baisse de la valeur de la société acquise par exemple), les entreprises devront provisionner cette baisse, puis l'amortir. La forte dépréciation des écarts d'acquisition a conduit dans les années 2000, plusieurs entreprises a annoncé de très lourds déficits suite à des provisions très élevées. Ce fut notamment le cas de France Telecom qui a procédé à de nombreuses acquisitions lors de la bulle Internet.

Les entreprises peuvent dissocier souvent les deux résultats (résultat net avant et après amortissement de l'écart d'acquisition) afin de séparer l'activité proprement dite et les coûts liés au rachat proprement dit.

L'écart d'acquisition est aussi souvent appelé goodwill.