Evaluer une entreprise cotée n'est pas chose aisée. En effet, comment savoir si telle ou telle société est surcotée ou au contraire décotée par rapport à sa valeur réelle. Plusieurs méthodes coexistent pour valoriser au mieux les entreprises. Les méthodes des comparaisons boursières et celle du PER sont les méthodes les plus utilisées car les plus faciles à mettre en oeuvre, d'un point de vue calcul tout du moins. Les résultats obtenus sont eux plus complexes à analyser.

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La comparaison boursière est ainsi un bon moyen d'obtenir rapidement une idée sur la valeur de marché d'une entreprise cotée.

Comparaisons boursières


Le principe des comparaisons boursières est relativement simple. Supposons que vous souhaitiez connaître la valeur d'une action dont l'activité appartient au secteur de la grande distribution. Il suffira alors d'étudier un échantillon de valeurs de la grande distribution cotées en bourse. Ensuite plusieurs éléments pourront être étudiés distinctement (chiffre d'affaires, excédent brut d'exploitation...). L'analyse sectorielle est primordiale. On ne compare par un constructeur automobile à un géant de l'agro-alimentaire. Mais pour vous aider, à chaque valeur est associée un secteur d'activités.

Supposons que la moyenne des entreprises cotées du secteur ait un chiffre d'affaires de 20 milliards d'euros. Dans le même temps, leur capitalisation boursière s'établit à 27 milliards d'euros. On peut donc calculer que le secteur est valorisé, dans son ensemble, à 1,35 fois son chiffre d'affaires. Pour trouver ce multiple, il suffit de diviser la capitalisation boursière par le chiffre d'affaires, soit 27 par 20. Vous pouvez alors reproduire le schéma pour tous les éléments qui vous semblent pertinents. Il est bien évidemment peu cohérent de calculer un multiple par nombre d'ascenseurs (la société est estimée à 72 fois le nombre d'ascenceurs présents dans le siège social). Quoique ! Cette comparaison peut aussi se faire au sein même de chaque entreprise. Ainsi, pour des magasins de taille similaire, telle société génère deux fois plus de chiffres d'affaires qu'une autre, etc. Toutes les comparaisons peuvent vous aider dans la sélection de valeur.

La méthode est simple mais pose deux problèmes majeurs. D'une part, la relativité et la qualité de l'échantillon. Dans le cas que nous avons étudié, il n'existe que peu de sociétés présentes dans le secteur de la distribution et cotées en bourse. On peut notamment citer Carrefour, Casino, et Guyenne Gascogne. Des poids lourds du secteur comme Aldi, Lidl ou Auchan ne sont ainsi même pas cotés. L'échantillon reste bien mince au regard de la diversité du secteur.

D'autre part, la méthode se borne à analyser un seul élément de l'entreprise. Il n'est pas exemple tenu compte du montant de l'endettement lorsque l'on utilise le multiple de chiffre d'affaires. Il est logique qu'une société non endettée aura une valeur boursière supérieure à une société surendettée, même si cette dernière réalise un chiffre d'affaires supérieur. En affinant l'analyse, vous en viendrez naturellement à complexifier le calcul.

Calcul : Valeur = Multiple du secteur × Donnée de l'entreprise

Ainsi, si le secteur est estimé habituellement à 10 fois le chiffre d'affaires, il faudra comprendre pourquoi telle société n'est valorisée qu'à hauteur de 8 fois son chiffre d'affaires. Si rien n'explique ce phénomène, alors vous êtes peut être en présence d'une valeur décotée.

Price Earning Ratio


Le PER ou Price Earning Ratio est l'une des méthodes préférées des investisseurs particuliers, mais aussi des professionnels. Elle fonctionne sur le même principe que la méthode des comparaisons boursières. Mais elle s'attache à un élément bien particulier qui est le BNPA ou Bénéfice Net Par Action. Ainsi, l'investisseur ne compare pas par rapport au chiffre d'affaires, à la CAF ou à l'EBE mais uniquement par rapport au résultat net de l'entreprise.

Le calcul du BNPA est simple. Il se base à la fois sur le nombre d'actions et sur le montant du bénéfice réalisé par l'entreprise.

Nombre d'actions : Il vous semble sans doute relativement aisé de connaitre le nombre d'actions composant le capital social. Certes, vous trouverez cette information dans n'importe quel document financier ou cote officielle. Mais la réalité est tout autre. Il convient de prendre ainsi en compte le nombre total d'actions existantes et le nombre total d'actions à créer. En effet, certains instruments financiers (obligation convertible, bon de souscription d'achat, option de souscription, certificat d'investissement...) peuvent donner lieu à la création d'actions. Il est donc nécessaire de prendre en compte ces actions, même si elles n'ont pas encore d'existence réelle.

Une augmentation du nombre d'actions a tendance à diluer la répartition des bénéfices. Il est donc indispensable de connaître le nombre exact d'actions existantes et à créer.

Bénéfice réalisé : D'une année sur l'autre, le résultat net peut varier fortement. Ces variations peuvent provenir de l'activité. L'entreprise accroît sa marge et/ou son chiffre d'affaires, et son bénéfice s’accroît mécaniquement. Mais il est fréquent d'observer que les résultats nets affichés par les entreprises ne sont pas toujours exempts de toute critique. Les entreprises présentent leur compte de résultats et donc leur résultat net en fonction de règles comptables. Ces dernières peuvent être plus ou moins souples. Le passage aux normes IFRS a ainsi modifié les résultat net de bons nombres d'entreprises.

De plus certaines opérations n'ont pas un caractère récurrent. Elles ne doivent donc pas être prises en compte dans le calcul du PER.

Pour calculer un PER de qualité, le retraitement du résultat net devient une donnée essentielle. Se contenter de récupérer le dernier résultat de l'entreprise, et votre PER n'aura que peu de signification.

Une fois le résultat net retraité divisé par le nombre d'actions, vous obtenez le Bénéfice Net Par Action ou BNPA. En lui même ce ratio n'a que peu d'importance. Afin de lui donner toute sa valeur, il convient de le comparer au cours de l'action à l'instant t. Ainsi en divisant le cours de l'action par le BNPA, vous obtenez le fameux PER. Le PER permet ainsi de savoir si une entreprise est oui ou non surestimée par rapport à son secteur. En effet, le PER obtenu doit être comparé au PER moyen du secteur. Voici quelques PER moyens par secteur :

Immobilier : 5 - 7
PER Moyen du marché parisien : 18 - 22
Grande Distribution : 25 - 30
Valeur technologique : > 30
Valeur Internet : NS



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Ces différences de PER s'expliquent simplement par un effet mécanique. Une société foncière (dont l'activité est basée sur l'immobilier) aura un taux de croissance de son activité et de ses résultats beaucoup plus faibles qu'une entreprise qui investi sur les biotechnologies, où les taux de croissance frisent les trois chiffres pour certaines sociétés ! Vous pourrez trouver aussi des PER élevés sur des valeurs immobilières. Cette situation est due alors aux anticipations des opérateurs sur les résultats futurs. Une société ayant réalisé de très mauvais résultats voire des déficits aura des PER très élevés. Certes le PER pour l'année N est très élevé, mais pour l'année N+2, il est très bas.

De plus, il est utile de savoir que la bourse valorise toujours plus une société grâce à une meilleure liquidité. Les petits commerçants voient souvent les transactions d'établir à une fois le chiffre d'affaires. Ainsi, une valeur cotée ne sera pas estimée de la même façon qu'une valeur non cotée.

Mode de calcul
BNPA = Résultat Net / Nombre d'actions
PER = Cours de l'action / BNPA


La comparaison boursière et le PER sont donc des méthodes intéressantes pour savoir d'un coup d'oeil si une valeur est surcotée ou sous-cotée. Toutefois, cela reste une méthode simpliste qui devra être affinée avec soin, pour qui souhaite se positionner sur une valeur avec l'analyse fondamentale.


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