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Investir comme Warren Buffett

Si vous ne devez retenir que le nom d'un seul investisseur réputé dans le monde, retenez celui de Warren Buffett. Ce génie de l'investissement a bâti sa fortune en quelques décennies seulement, à tel point qu'il est aujourd'hui l'un des hommes les plus riches du monde. Sa fortune estimée à plusieurs dizaines de milliards de dollars provient de ses seuls investissements. Disciple de Benjamin Graham, Warren Buffett, né le 30 août 1930, a su appliquer les règles d'investissement de ce théoricien tout en les affinant en fonction de sa personnalité. Aujourd'hui ses compétences ne sont plus à démontrer et bons nombres d'investisseurs cherchent à appliquer son modèle d'investissement.

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A la tête du fonds Bershire Hathaway, Warren Buffett a au fil des années amélioré son modèle mais tout en conservant des principes forts, qu'il est finalement assez facile de s'approprier. L'Oracle d'Omaha puise avant tout sa rentabilité dans son vécu personnel. Ainsi, il préconise de ne se positionner que sur des sociétés dont vous connaissez réellement le métier. Les métiers des entreprises ne sont plus aussi clairs que par le passé, et il peut aujourd'hui être extrêmement compliqué de savoir exactement ce que fait l'entreprise dans laquelle vous désirez investir. Warren Buffett conseille ainsi de connaître le métier de la société. On n'investit pas dans une société de très haute technologie si on ne connaît même pas les applications possibles, ou même les possibles concurrents. Cette règle implique ainsi que chaque investisseur ne se positionnera pas obligatoirement sur le même titre. Un métier connu par vous peut ne pas l'être par un autre investisseur. Cette seule règle rend l'investissement très personnel.

Pour Warren Buffett, le timing n'est pas une donnée essentielle de l'investissement en bourse. De tout temps les cours ont chuté et remonté. Warren Buffett investit lui sur du très long terme, à plus de dix ans. Si dans cette période, l'action abandonne pendant un moment 20 ou 30%, quel en sera l'impact à très long terme ? Quasiment nul. Il préconise ainsi d'acheter des titres dont on ne regrettera pas la détention dans dix ans. La sélection des titres composant son portefeuille est ainsi dénuée de notion de temps. Peu importe le marché au moment de sa prise de position, ni même au moment du débouclage de la position, seul importe la valorisation de la société. Les grands événements ne lui interdisent pas de rester investi sur les actions. Il privilégie dans tous les cas le très long terme. De même, il réfléchit mûrement ses décisions et n’investit pas sur un coup de tête, ni ne déboucle sa position sur un coup de tête.

En effet, Warren Buffett utilise la méthode du stock picking. Il choisit très finement chacun des titres sur lesquels il se positionnera. Pour lui le temps de la prise de décision est essentiel. Certains traders passent parfois plus de temps à acheter une voiture qu'à prendre une décision de trading. Pour lui, chaque décision doit être mûrement réfléchie. Les entreprises qu'il sélectionne doivent répondre à des critères très précis. Ainsi, compte tenu de son horizon de très long terme, les sociétés devront être matures. Point question d'investir dans une société récente, ou dans une start-up. L'entreprise doit être dans un secteur mature et générer des flux réguliers pendant plusieurs années. Il explique cette régularité dans les dividendes distribués par l'avantage concurrentiel de l'entreprise par rapport à ses autres concurrents. Il peut s'agir ainsi d'une rente de monopole avec des contrats de très long terme auprès de ses clients. Cet avantage concurrentiel permet aussi à l'entreprise d'augmenter ses prix de vente en cas de hausses des coûts salariaux, ou encore des matières premières. Certaines sociétés ne peuvent en aucune façon augmenter leur prix pour compenser la hausse des charges, et se retrouvent après quelques années en déconfiture financière faute d'une rentabilité suffisante.

La distribution régulière des dividendes s'explique aussi par la durée de son investissement. La plupart des traders recherche la plus-value. Warren Buffett ne refuse pas la plus-value mais son modèle repose au quotidien sur les dividendes. Il ne vend, et donc ne dégage des plus-values qu'une fois tous les dix - quinze ans. Trop peu pour rémunérer régulièrement les souscripteurs du Berkshire Hathaway - son fonds d'investissement -. Les dividendes sont ainsi pour lui sa seule rémunération régulière. Les dividendes se doivent donc être réguliers et non fluctuants d'une année sur l'autre. Cette régularité ne se retrouve que dans des secteurs très matures où la visibilité s'étend sur plusieurs années.

Mais sa stratégie, qui est étudiée dans toutes les écoles dans le monde, se repose sur la valorisation précise des sociétés étudiées. Il ne se borne pas à calculer la capitalisation boursièrede l'entreprise pour en connaître sa valeur, il étudie avec soin le bilan, les comptes de résultats, le patrimoine pour en dégager une valeur intrinsèque. Il se dégage de cette seule valeur boursière pour estimer la valorisation réelle de l'entreprise en fonction de ses forces et de ses faiblesses. Au final, la valeur de l'entreprise se calcule à travers l'actualisation de ses cash flow futures, ou de sa capacité à générer des flux.

Basée sur l'analyse fondamentale, la value investing est désormais utilisée par des milliers de traders de par le monde. Une fois la valeur calculée, Warren Buffett la compare à la capitalisation boursière de l'entreprise. Il y recherche les sous-évaluations. Ainsi pour lui, un titre sous-évalué par rapport à ses calculs, est un titre sur lequel il peut être intéressant de se positionner. En effet, n’ayant pas d’attirance pour le timing, Warren Buffett peut se positionner sur un titre jugé sous évalué même dans une mauvaise période boursière. Pour lui, même les mauvaises périodes boursières ne sont pas forcément favorables à conserver des liquidités. L’un des adages célèbres de Warren Buffett reste “Mieux vaut acheter une entreprise extraordinaire à un prix ordinaire qu’une entreprise ordinaire à un prix extraordinaire”. Cela n’est pas sans rappeler les surévaluations conjoncturelles de certains secteurs, comme l’Internet à la fin des années 1990 où quelque soit la qualité de l’entreprise, elle se valorisait des fortunes car elle suivait en cela la valorisation du secteur dans son ensemble, et non une quelconque valeur intrinsèque, bien loin de sa réalité boursière.

Mais avant tout, une entreprise est une affaire d’hommes. Ainsi Warren Buffett s’intéresse particulièrement à la personnalité et aux compétences des dirigeants des entreprises dans lesquelles il s’investit. Celui-ci doit bien évident gérer au mieux la société, et pas dans la seule optique de court terme dictée par les actionnaires, mais doit aussi se révéler honnête. Cette recherche du dirigeant honnête est d’autant plus forte en ces périodes de scandales financiers. Les dirigeants de l’ex Enron pouvaient être ainsi jugés compétents -même si les faits ont finalement prouvé le contraire- mais ils n’étaient dans tous les cas pas honnêtes.

Pour Warren Buffett, un investisseur n’a pas à tout connaître sur tout. Ainsi, s’il ne connaît pas la totalité des entreprises cotées dans le détail, cela importe peu. L’objectif est de connaître avec précision les valeurs sur lesquelles vous avez investi et celles de votre short-list. Il ne sert à rien de se disperser mais au contraire de se spécialiser davantage sur quelques valeurs, et quelques secteurs. Même les analystes financiers ne sont pas en mesure de suivre des dizaines de secteurs. Ils se concentrent sur un ou quelques secteurs qu’ils analysent finement. Cette spécialisation rend évidemment toute diversification plus complexe. Warren Buffett prône ainsi un portefeuille boursier ramassé, avec une recherche de diversification limitée. Cette méthode lui permet de profiter au mieux du stock picking. De plus, n’étant pas affecté par les soubresauts à court terme, la recherche de la diversification pour éviter les risques de marché n’est pas indispensable. Warren Buffett cherchera davantage à limiter les risques spécifiques en sélectionnant les entreprises les plus stables économiquement. Malgré tout, il ne déconseillera pas à un particulier de rester à l’écart du marché actions, même s’il n’y connaît rien. Il lui recommande alors d’acheter des trackers indiciels, afin de suivre la performance de l’indice sur le long terme. En effet, sur le très long terme le marché Actions reste bien plus rentable que le simple Livret A ou les sicav monétaires.

Les soubresauts économiques ne sont toutefois pas totalement laissés de coté par Warren Buffett. Les corrections de marché ou même les krachs sont pour lui synonyme d’opportunités d’achat. En effet, selon sa méthode, les sous-évaluations sont plus nombreuses en période de crise. Les fortes baisses des cours n’ont pas d’impact sur la plupart des entreprises cotées. Elles ne modifient en rien leur chiffre d’affaires, leur rentabilité mais seulement la perception des investisseurs vis à vis d’un secteur ou même de l’investissement en actions en général. Cette perception n’étant pas tangible, et n’étant pas liée aux fondamentaux de l’entreprise, les krachs deviennent alors des opportunités d’investissements.


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Warren Buffett est un fervent défenseur de l’investissement en actions. Ainsi il propose aux particuliers de ne pas se diriger vers les obligations (pas assez rentables) et les produits dérivés, jugés trop risqués. Il conseille aussi de rester à l’écart de la nouvelle monnaie qu’est le bitcoin, car pour lui, elle n’a rien d’une monnaie qui a prouvé sa valeur. Il met aussi en garde contre les entreprises qui affichent trop rapidement des bénéfices. Il n’y a rien de plus simple que de maquiller un compte de résultats pour afficher des résultats insolents.

Sa méthode est ainsi basée sur plusieurs règles à respecter. Toutefois, au vu de la carrière de Warren Buffett, on peut s’apercevoir assez facilement qu’il n’a pas toujours lui même respecté ses propres règles. Il s’adapte. Il a ainsi déjà acheté des obligations ou encore placé son argent sur des produits dérivés. Cette adaptation constante peut aussi expliquer pourquoi en suivant simplement ces règles il n’existe pas aujourd'hui des dizaines de milliardaires. L’absence de véritables disciples de Buffett montre qu’il est important d’adapter ces règles à votre propre personnalité.

Il sera difficile pour un particulier d’investir de la même façon que Warren Buffett. D’une part, il est complexe de connaître aussi finement que lui une entreprise. Mais même Warren Buffett peut ne pas savoir des choses que vous savez. Prenons l’exemple d’un ouvrier de chez Renault. Vous serez plus à même de savoir si la chaîne de production est des plus optimales ou au contraire si elle n’a pas été remplacée depuis longtemps. C’est aussi un lieu idéal pour connaître le carnet de commandes de l’entreprise. Tout particulier détient des informations spécifiques, et non privilégiées, sur une ou plusieurs sociétés. A vous de les mettre en valeur pour éventuellement investir.


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