Les immobilisations prennent une part importante dans l'actif d'un bilan classique. Comme leur nom l'indique, les immobilisations (ou actif immobilisé) concernent tous les biens qui sont destinés à rester à long terme au sein de l'entreprise, au contraire des biens qui ont vocation à être détruits (stocks de matières premières), ou être revendus à terme (valeurs mobilières de placement). La rubrique Immobilisations est donc souvent mis en exergue par les sociétés foncières (à travers leur parc locatif), et par toutes les sociétés dites à rendement. Ces dernières se valorisent davantage sur leur actif que sur leur croissance future. Ainsi alors que les immobilisations sont un poste plus que conséquent pour les sociétés foncières (95,7% pour Silic en 2000), elles sont plus faibles dans le secteur de la grande distribution par exemple où les stocks sont essentiels à l'activité (actif immobilisé : 32,2% en 2000 pour la Samse). L'étude des immobilisations peut ainsi aider à déterminer le secteur d'activités de l'entreprise.



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Immobilisations ou charges ?


Lorsqu'une entreprise achète un bien, une question doit se poser à l'esprit du comptable. Le bien acheté doit-il être considéré comme une charge et ainsi réduire d'autant le résultat net de l'année en cours, ou comme une immobilisation et être ainsi amorti ? (le terme d'amortissement sera précisé plus avant)
Pour simplifier, une acquisition est considérée comme une immobilisation si elle est destinée à accroître l'actif de la société. Prenons le cas d'un immeuble. Ce dernier augmentera la valorisation des actifs de l'entreprise. Au contraire, l'achat de fournitures n'est destiné qu'à assurer l'activité normale de l'entreprise.
La rénovation du toit d'un immeuble doit-il être considérée comme une charge ou une immobilisation ? D'après la jurisprudence, si la rénovation n'augmente pas la valeur de l'immeuble, le montant de la rénovation doit être considéré comme une charge, quel qu'en soit le montant. Si au contraire, un terrain de tennis ou bien encore une piscine ont été ajouté sur le toit, l'immeuble verra logiquement sa valeur grimper. Il s'agit donc d'une immobilisation.
Ces nuances de langages peuvent sembler bien obscures pour le grand public, mais elles ont des conséquences importantes sur le Résultat Net. Il suffit qu'un achat soit incorporé dans les immobilisations au lieu d'être incorporé dans les charges pour voir le sacro-saint Résultat Net affiché un bénéfice au lieu d'un déficit.

Amortissement et Immobilisation


Les immobilisations ont vocation à rester durablement dans l'entreprise. Toutefois, vous conviendrez que leur achat a nécessité des fonds provenant soit de liquidités soit d'emprunts. Il est donc naturel que ce montant affecte le Résultat Net. Pour éviter de fortes variations du Résultat Net, la comptabilité a développé la notion d'amortissements. Chaque année pendant x années, une fraction du montant de la valeur initiale de l'immobilisation est ajoutée aux charges sous la forme d'amortissements, et réduit ainsi la valeur nette comptable du bien. Ces amortissements diminuent ainsi le Résultat Net, mais seulement d'une fraction.

Valeur Net Comptable = Valeur initiale – Somme des amortissements et provisions

Le nombre d'années où le bien peut être amorti est fluctuant suivant le type de bien. Un immeuble peut ainsi être amorti sur 10-15 ans, des écarts d'acquisitions sur 25 ans et des logiciels sur 1 an. Ces différences sont destinées à tenir compte de la vitesse d'obsolescence et du degré d'usure des immobilisations. Il serait en effet contraire à la logique que d'amortir pendant 10 ans un logiciel totalement dépassé au bout de 2.

Pour compliquer encore un peu plus le travail du comptable, mais aussi de l'analyste financier, il existe trois types d'amortissements :

Amortissements linéaires : chaque année, une fraction égale du montant du bien est déduite. Si un immeuble est amorti 10 ans et que sa valeur est de 2.500.000€, l'amortissement sera de 250.000€ pendant 10 ans.

Amortissements dégressifs : chaque année, le montant de l'amortissement diminue pour tenir compte notamment de l'effet d'usure. Ce type d'amortissement est notamment pratiqué dans le domaine automobile, où les voitures perdent une importante partie de leur valeur dès la première année.

Amortissements dérogatoires : amortissements liés à un avantage fiscal limité.

Comment se décompose les immobilisations ?


Au même titre que les autres masses du bilan (capitaux propres, dettes, créances), les immobilisations se décomposent en plusieurs autres postes. La comptabilité nationale a ainsi distingué clairement 3 notions :

Immobilisations Incorporelles
Il s'agit d'immobilisations qui n'ont pas d'existence corporelle, mais qui peuvent dépasser les dizaines de milliards d'euros. Les immobilisations corporelles comprennent ainsi les frais de recherche et de développement, le montant des acquisitions des brevets ou bien encore des licences. Ces immobilisations sont essentielles dans une société de service informatique, où les licences de certains logiciels peuvent rapidement afficher des montants astronomiques.
Ce poste regroupe aussi les écarts d'acquisition. Il s'agit de la différence entre le prix d'achat d'une autre entreprise et le prix "réellement" justifié. En achetant une entreprise à 25 milliards d'euros, dont la valeur comptable n'est que 12 milliards d'euros, la différence de 13 milliards peut pour une partie être réaffectée (réévaluation de licences, de machines, etc.) mais pour une partie non (position de quasi-monopole sur un marché, contrôle stratégique de la chaîne de production et d'approvisionnement, etc.). Cette partie non affectée est placée en immobilisations. En effet, si ce montant était placé en charge, le résultat net afficherait des déficits plus que conséquents lors de certaines opérations. De plus, l'acquisition d'une entreprise est une opération de long terme. Il est donc tout naturel que les écarts d'acquisition prennent leur place dans les immobilisations incorporelles.

Immobilisations Corporelles
Lorsque l'on parle immobilisations dans le langage courant, c'est souvent aux immobilisations corporelles que l'on fait allusion. Cette rubrique regroupe les immeubles proprement dits, les constructions, les terrains ou bien encore les immobilisations en cours. Ces dernières concernent les immobilisations qui sont en cours de construction.
A noter que les terrains ne peuvent être amortis. Il ne souffre pas de dégradation ou d'obsolescence dans le temps.



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Immobilisations Financières
Si un day-trader achète une action, cette dernière restera moins d'une journée dans son portefeuille. Un créateur d'entreprise détiendra au contraire les actions de sa société sur une période beaucoup plus longue. La distinction est identique pour les entreprises. Certaines acquisitions de titres concernent l'utilisation saine des liquidités. Les dirigeants décident d'affecter une partie des liquidités sur des placements plus risqués mais plus rémunérateurs. L'acquisition de titres peut aussi se faire dans une optique stratégique. L'entreprise prend une participation dans une autre entreprise. Cette participation pourra être le symbole d'accords commerciaux, la volonté de rentrer au sein du conseil d'administration ou autres. Ainsi si les titres ont vocation à rester longtemps au sein du groupe, l'entreprise les immobilisera sous la forme d'immobilisations financières.
Les immobilisations financières sont essentielles pour les sociétés dites holdings dont l'activité consiste à gérer un portefeuille de participations. Bolloré et Marine Wendel font partis de la famille des holdings français.

Les immobilisations sont une part très importante de certaines sociétés. C'est pour cela que bons nombres de techniques d'évaluations financières étudient avec soin les immobilisations pour déterminer au plus juste le prix de l'entreprise.


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