Les capitaux propres sont l'une des grandes masses du bilan comptable au même titre que les dettes, les immobilisations ou bien encore les créances. Les capitaux propres se situent dans le Passif du bilan (colonne habituellement figurée à droite des bilans). Le
passif se compose de tous les éléments que l'entreprise "
doit", à savoir :
les dettes qu'elle a pu contracter auprès des
banques, des établissements de
crédits mais aussi des banques et de l'Etat;
les capitaux propres, qu'elle "
doit" dans une bien moindre mesure à ses
actionnaires.
| | Définition des capitaux propres |
Les
capitaux propres correspondent donc aux
fonds provenant soit des
actionnaires soit des
bénéfices de l'entreprise. Ils se décomposent en plusieurs postes :
le capital social
La notion économique de capital social est des plus limitée dans les grands groupes. Il s'agit du capital initial de la société sans tenir compter des éventuels bénéfices que celle-ci aurait réalisé tout au long de son développement. La notion de capital social est donc juridique. En effet, pour créer une
Société Anonyme, il est nécessaire de disposer à l'origine de 38.000
euros (1
euro pour une
SARL). Le capital social se calcule en multipliant le nominal de l'action par le cours de cette dernière pour les entreprises cotées.
les primes d'émission
Supposons une entreprise qui décide d'accroître son capital. La société existe depuis plus de 10 ans, et a réalisé d'importants bénéfices. La valeur de l'entreprise est donc bien supérieure au simple capital social. Ainsi le cours d'émission pourra sensiblement être différent du nominal de l'action. Le fait que la société soit estimée 250 euros par
action n'implique pas une augmentation du montant du nominal qui restera fixe (sauf
opération financière destinée à l'accroître). La différence entre le prix d'émission de l'augmentation de capital et le nominal du titre s'ajoutera au poste "
Primes d'émissions".
Vous observerez que les primes d'émission sont le plus souvent très largement supérieures au simple capital social qui pourtant figure obligatoirement sur tous les courriers de l'entreprise.
les réserves
Lorsqu'une entreprise a réalisé un
résultat net positif au cours de l'année, elle a le choix entre distribuer ces bénéfices à ses actionnaires ou les mettre en réserve. Ces réserves sont au nombre de 3 :
la réserve légale : un
pourcentage fixe du résultat net est mis en réserve automatiquement. Cette réserve est obligatoire et fixée par la loi (sous certaines conditions), même si l'entreprise souhaite distribuer tous ses bénéfices à ses actionnaires;
les réserves réglementées : les réserves réglementées peuvent être créées pour bénéficier d'avantages fiscaux notamment;
les autres réserves : il s'agit de réserves décidées par le
conseil d'administration et votées par l'Assemblée Générale. Leurs objectifs sont divers et variés.
le report à nouveau
A la fin de chaque exercice l'entreprise détermine son résultat net, déficitaire ou bénéficiaire. Une fois défini, le résultat net, s'il est positif, est réparti entre les réserves et les
dividendes à verser. Les sommes non affectées sont portées au poste "
report à nouveau".
le résultat net
Avant l'affectation de ce dernier, le
résultat net apparaît dans les capitaux propres. Une fois affecté, le résultat net se répartira entre les réserves, les
dividendes et le report à nouveau.
| | Interprétation des capitaux propres |
Le passif d'une société permet d'observer l'origine des fonds nécessaires à l'investissement et à l'exploitation. Si la part des capitaux propres est très faible par rapport aux autres
dettes (dettes financières et
dettes fournisseurs), on pourra dire que l'entreprise est exposée à des
risques externes importants.

en cas de hausse des taux, si son endettementest constitué de
dettes à
taux variables, elle verra ses charges financières s'accroître;

le non-paiement d'une échéance peut rapidement provoquer l'arrêt de l'activité;

ses moyens de développements seront limités. Elle n'aura plus la possibilité de faire appel à d'éventuels prêteurs à cause d'un endettement massif, et les actionnaires ne seront que peu enclins à apporter de l'"
argent frais" à une entreprise si endettée
Les structures à faible montant de capitaux propres et fort endettement ont connu leur apogée dans les années 80 avec les développements des LBO qui permettaient de financer des acquisitions en ayant recours uniquement (en très grande partie) à de la dette financière. Aujourd'hui, les
dirigeants sont
revenus à une
gestion plus saine de leurs activités, même si les affres de la Net Economy et les scandales
comptables à la Enron sont devenus légions.