Places boursières


Arabie Saoudite, une place boursière très pétro-dépendante

De nombreuses places boursières sont peu connues du grand public, car ce dernier ne peut y investir directement. C'est le cas de la Bourse de Ryad, d'Arabie Saoudite. Elle s'est ouverte depuis peu aux investisseurs étrangers professionnels mais les particuliers étrangers ne peuvent toujours pas s'y positionner. L'Arabie Saoudite est le temple du pétrole dans le monde. Des réserves incroyables, et un contrôle puissant sur l'OPEP. La bourse de Ryad se retrouve ainsi tout naturellement logiquement impactée par les évolutions des prix du baril de pétrole.

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La Bourse de Ryad compte plus de 150 sociétés cotées, toutes reprises au sein de l'indice Tadawul All Shares, indice de référence. Bien que relativement limitée, la Bourse de Ryad reste la première place boursière de la région devant celle du Qatar. Elle compte des sociétés comme Saudi Telecom Co ou encore Sabic, spécialisée dans la Chimie. Mais la Bourse de Ryad ne souhaite pas rester sur ses acquis. Ainsi, en avril 2016, elle annonce la création prochaine d'une bourse dédiée au PME, avec un lancement prévu pour 2017. En juin 2015, la bourse s'était déjà ouverte aux investisseurs professionnels étrangers, via des OPCVM par exemple. Avant cette décision, seuls les investisseurs d'Arabie Saoudite, ou encore du Conseil de Coopération du Golfe (Oman, Koweït, Bahreïn, EAU et Qatar) pouvaient se positionner sur le marché.

Ce dynamisme de la Bourse de Ryad s'explique en grande partie par les difficultés actuelles du pays. L'effondrement des cours du baril de pétrole s'est traduit par de lourds déficits budgétaires pour le Royaume. L'économie domestique n'est ainsi plus aussi soutenue que par le passé et les subventions ont fortement chuté. Dans le même temps, le prix de l'essence à la pompe ont augmenté. L'Arabie Saoudite tire en effet 90% de ses revenus du pétrole, et est ainsi le 1er exportateur mondial.


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Le pétrole de Schiste aux Etats-Unis a fortement pesé sur les cours du pétrole. Les Etats-Unis, autrefois très importateur de pétrole, se retrouvent à en exporter aujourd'hui, rentrant ainsi en concurrence avec l'Arabie Saoudite. De plus, la crise mondiale a poussé la demande à la baisse. Mais le nouveau coup de semonce vient sans doute de la levée des sanctions à l'égard de l'Iran, concurrent historique de l'Arabie Saoudite. Désormais, le pétrole iranien peut être exporté officiellement. Cette nouvelle offre ne va qu'empêcher une remontée des prix du pétrole. Un autre aspect qui pèse aussi sur la bourse de Ryad, les risques politiques. Une possible guerre Iran contre Arabie Saoudite n'est pas exclue, et les stratèges pensent que sans une aide massive américaine, l'Arabie Saoudite perdrait vraisemblablement cette guerre, et ainsi le contrôle de ses formidables réserves pétrolières. Tout cela fait de la Bourse de Ryad, une place boursière très risquée.

Mais la Bourse de Ryad continue à faire l'actualité, cela en partie à cause du déficit budgétaire saoudien. En effet, pour réduire ce déficit, voire totalement le faire disparaître, le royaume saoudien envisage d'introduire sur le marché de Ryad, son groupe public Saudi Aramco. Il s'agit ni plus ni moins que la plus grande compagnie pétrolière du monde. A côté d'elle, l'Exxon Mobil ou encore Rosneft font office de start-ups. Saudi Aramco produit ainsi 10,2 millions de barils par jour contre 3,9 millions pour l'Exxon ou 4,10 pour Rosneft. Notre géant français Total n'affiche que 2,10 millions de barils par jour. Les différences entre les réserves pétrolières sont encore plus notables. Alors que les réserves déclarées d'Exxon sont de 25,3 milliards de barils, Saudi Aramco annonce... 263 milliards de barils ! La privatisation partielle de l'Arabian Americain Oil Company permettrait ainsi à l'Arabie Saoudite de supprimer d'un coup son déficit budgétaire. La Saudi Aramco deviendrait également la première capitalisation boursière mondiale, avec plus de 1.000 milliards de dollars, devant Apple.

Toutefois, la bourse de Ryad reste une place boursière très risquée, de par les fortes secousses pétrolières et géopolitiques. Il peut être intéressant de commencer à la suivre avant une ouverture totale aux investisseurs étrangers.


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