Les bons anonymes ou au porteur ont connu leurs heures de gloire durant plusieurs décennies mais aujourd'hui cet anonymat n'a plus de réel intérêt. Cet anonymat est un choix personnel qui aboutit à une fiscalité fort différente des bons nominatifs. En effet, le Trésor Public ne souhaite pas que soit favorisé des placements facilitant, entre autres, le blanchiment d'argent. Mais qu'est-ce qu'un bon ? Quelle en est la fiscalité ?



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Qu'est-ce qu'un bon ?


Un bon n'est autre qu'un placement dont le nom dépend la plupart du temps de son émetteur et de sa nature, et d'une durée de 5 ans le plus souvent. Ce bon sera remboursé soit de façon anonyme, au porteur du bon, soit de façon nominative, auprès d'un guichet bancaire. Il n'est toutefois pas nécessaire d'attendre la fin de la période de placement du bon. Mais en cas de remboursement avant l'échéance, des frais supplémentaires seront prélevés.

En achetant un bon, vous prêtez de l'argent à une institution. Cette dernière vous versera alors des intérêts pour ce prêt. Ces intérêts peuvent être calculés de deux façons :

- précomptés : le prêteur devra débourser le montant du principal auquel sera retranché le montant des deux premières années d'intérêts;

- postcomptés : ici c'est le montant du remboursement à la fin de la période de prêt qui sera supérieur car il comprendra la totalité des intérêts de la période;

Ces bons peuvent être de deux types :

- le bon du Trésor
Une agence du Trésor Public rédige un bon qui est représentatif d'une dette sur l'Etat. Les intérêts sont progressifs. Plus vous conservez le bon sur une longue période, plus votre intérêt sera élevé.

- le bon d'épargne ou bon de caisse classique
Il s'agit des bons mis en place par les banques et les Caisses d'Epargne. Leur montant et leur durée sont dépendants des souhaits des clients. Il peut ainsi être intéressant pour un montant important de limiter la part pour chaque bon afin d'éviter que des frais trop élevés soient calculés en cas de remboursement anticipé;

Bon anonyme ou au porteur


L'intérêt principal du bon reste sa possibilité d'anonymat. En effet, vous pouvez décider d'obtenir un bon en souscrivant en espèces et non par chèque et de transmettre ce bon à une autre personne. Les bons anonymes étaient donc l'outil idéal pour dissimuler au fisc des revenus perçus de façon "douteuse".

Pour être déclarer comme anonyme ou au porteur, le bénéficiaire n'est pas dévoilé à l'administration fiscale pour les bons antérieurs au 31 décembre 1997; pour les bons postérieurs, le souscripteur ne dévoile pas son identité; dans tous les cas, un bon est anonyme si le nom du souscripteur est différent du nom du bénéficiaire.

Ce choix de l'anonymat a un coût... un coût très élevé. Ainsi les intérêts sont imposés à hauteur de 60% auquel on ajoute les 11% de prélèvements sociaux, soit au total 71% ! A cette taxation s'ajoute un taux fixe de 2% sur la valeur du bon et ce annuellement correspondant à l'impôt sur la fortune estimé. A chaque 1er janvier, le bon détenu voit sa valeur taxer automatiquement de 2%. Compte tenu des taux d'intérêts, un bon peut donc avoir un rendement négatif.

Le bon nominatif a une fiscalité nettement plus avantageuse, ce qui peut se comprendre. Il n'y a pas de blanchiment d'argent possible. Ainsi le bénéficiaire d'un bon nominatif aura deux options :
- déclarer ses intérêts sur ses impôts sur le revenu;
- soit opter pour le prélèvement libératoire au taux de 27%.



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On est bien loin des 71% + 2% du bon anonyme. Pour être nominatif, un bon doit préciser le nom du souscripteur et seul lui pourra se le faire rembourser. Toutefois, ce bon pourra être transmis à un autre via un simple endossement.

Toutefois, que ce soit le bon anonyme ou le bon nominatif, les souscriptions sont en très nette baisse. Les investisseurs privilégient de loin les sicav. D'une part à cause d'une fiscalité plus avantageur et de taux plus intéressants, mais aussi à cause de techniques de blanchiment d'argent plus développées.

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